Le balancier de la montre bracelet

Comment régule-t-on une montre bracelet ?

Pour obtenir la précision d’une montre bracelet, il faut implanter un système de régulation. Ce système de régulation est le balancier.

L’organe régulateur

Avec l’utilisation du balancier, les horlogers furent confrontés à un grand nombre de problèmes qui leur étaient jusqu’alors inconnus. Tandis que le pendule d’une horloge murale ou de parquet a toujours la même amplitude. Si l’on part du principe d’un apport régulier en force motrice par un poids moteur par exemple. Il peut assurer son service sans être soumis aux influences extérieures… Exceptées peut-être les variations de température et de pression atmosphérique.

Le balancier d’une montre-bracelet est sujet à diverses contrariétés qui peuvent nuire à ses oscillations… Et en conséquence à la marche précise de la montre.

Le balancier

Un balancier doit pouvoir contrecarrer les mouvements constants auxquels est soumise la montre attachée au poignet. Ce ne sont pas des gestes harmonieux et souples qui agissent sur le balancier mais plutôt des mouvements brusques, rapides et dans toutes les directions. De plus, la montre, et par conséquent le balancier, doivent supporter ces conditions difficiles aussi bien sous un climat tropical que sous un froid polaire, en plongée comme en randonnée, en montagne.

La miniaturisation au service de la précision

Il n’existe aucun autre objet technique d’usage courant soumis à une si forte sollicitation sur une longue durée que les montres bracelets. Car ce test de résistance est passé avec succès année après année par ces tout petits engins dans lesquels agissent de minuscules vis dont 10 000 ne suffiraient pas à remplir un dé à coudre.

Des objets dans lesquels un spiral en métal, si fin qu’un cheveu ressemblerait à un câble en comparaison, se tend et se rétracte en une heure près de 30 000 fois (voire plus). Des machines, dont les pièces tournantes sont lubrifiées avec des quantités d’huile à peine visibles à la loupe.

Des performances incroyables

A traitement identique, une voiture serait bonne pour la casse après quelques heures d’utilisation seulement. Mais, on attend d’une montre-bracelet qu’elle conserve une précision exacte pendant des années. Une montre qui avance ou recule de 10 secondes par jour fonctionne avec une tolérance proche de 0,1 0/00 ! Il serait sensé de penser à cela avant de demander à un horloger de régler votre montre qui avance peut-être seulement d’une demi-minute par semaine… Ou bien lorsque votre montre a besoin d’une révision et d’une remise en état générale après trois voire cinq ans de bons et loyaux services.

Chemin perdu et dents asymétriques

Le balancier reçoit une impulsion de l’ancre et de sa fourchette et commence ainsi osciller à partir de sa position de repos. Simultanément, l’ancre parcourt, après la chute de l’une des dents de la roue d’échappement, encore un petit arc jusqu’au moment où elle rencontre sa goupille de limitation. Les horlogers appellent ce déplacement le chemin perdu. Dans les mouvements modernes. Il n’y a presque plus de goupille de limitation. Car la place, l’ancre se déplace dans une entaille pratiquée dans la platine.

L’importance des dents

Le chemin perdu est un dispositif de sûreté primordial dans l’échappement car il assure que toutes les dents de la roue d’échappement puissent chuter en toute sécurité. Même lorsque leur longueur n’est pas strictement identique, ce qui peut arriver. Ainsi, si l’une des dents est un trop longue, l’ancre se déplacera simplement un peu plus loin. Auquel cas le chemin perdu lui offrira plus de place. L’amplitude du balancier dépend de la force qu’il reçoit… Celui d’une montre remontée oscillera plus que celui d’une montre arrivée en bout de course.